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Reconnaître les plantes toxiques au pâturage : les plus fréquentes en Suisse
4 min de lecture
Un pâturage cheval n'est pas un morceau de prairie neutre. Selon région et saison, il peut contenir des plantes toxiques qui blessent ou tuent un cheval. Ce guide présente les plus fréquentes en Suisse, leur effet et ce que la demi-pension doit observer.
Pourquoi les plantes toxiques sont sous-estimées
Les chevaux ne mangent généralement pas spontanément les plantes toxiques. Leur goût naturel les en avertit. Mais deux situations lèvent cette sécurité.
- Manque de fourrage. Un cheval affamé sur pâturage court mange aussi ce qu'il évite normalement. Cas le plus important.
- Plantes séchées dans le foin. Beaucoup de plantes toxiques sont moins amères en foin mais conservent leurs toxines. Séneçon dans le foin est plus dangereux que sur pâturage.
- Jeunes chevaux curieux sans congénères expérimentés qui montrent quoi manger.
La SVPM et la SVS rappellent que la majorité des intoxications équines en Suisse vient d'un nombre limité de plantes connues.
Les cinq plus fréquentes en Suisse
Séneçon jacobée (Senecio jacobaea). La plus dangereuse en pâturage suisse. Fleurs jaunes, souvent en bordures et friches. Contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques qui détruisent le foie lentement. Symptômes parfois des semaines après l'ingestion. Encore plus dangereux en foin.
Samares d'érable sycomore (Acer pseudoplatanus). Les graines ailées causent la myopathie atypique, maladie musculaire souvent mortelle. Surtout en automne, dans les pâturages avec érables en bordure. SVS émet des avertissements réguliers.
If (Taxus baccata). Toutes les parties sauf la cosse rouge sont très toxiques. Une poignée d'aiguilles peut tuer. Souvent en haies de jardins en bordure de pâturage. Symptômes très rapides.
Chênes, surtout glands (Quercus). Les tanins des glands et jeunes feuilles peuvent causer coliques et dommages rénaux/hépatiques. En automne, danger maximal. Jeunes chevaux et poneys particulièrement sensibles.
Robinier et cytise. Arbres et arbustes à fleurs jaune-or, souvent ornementaux. Toxines fortes. Risque aussi par-dessus la clôture.
Autres plantes toxiques suisses : digitale, colchique d'automne, renoncule (rare au pâturage, plus dangereuse en foin), ciguë, ciguë aquatique.
Symptômes d'intoxication
Variables selon la plante, plusieurs schémas se répètent.
- Apathie et anorexie. Le cheval s'isole, ignore le foin.
- Salivation et muqueuses changées. Salive abondante, muqueuse rouge ou pâle.
- Troubles moteurs. Trébuchement, vacillement, démarche oscillante.
- Signes de colique. Agitation, coucher-lever, rouler, transpiration.
- Détresse respiratoire. Fréquence respiratoire élevée, respiration laborieuse.
- Muqueuses jaunes. Indice de lésion hépatique (séneçon).
- Pouls faible et rapide. Indice de choc.
Plusieurs de ces symptômes : appeler immédiatement la vétérinaire, garder le cheval au calme, photographier la plante supposée. Tox Info Suisse a un numéro vétérinaire d'urgence.
Contrôle du pâturage : ce que la demi-pension peut faire
La responsabilité principale est à la propriétaire. La demi-pension apporte une perspective utile car elle voit le pâturage régulièrement.
- Contrôle visuel au changement de paddock. Quand on va chercher le cheval, jeter un œil. Nouvelles fleurs jaunes en bordure ? Glands au sol ? Plantes inhabituelles dans les haies ?
- Photos des plantes suspectes au téléphone à la propriétaire. Applis d'identification utiles, mais évaluation finale par propriétaire ou vétérinaire.
- Attention saisonnière. Au printemps et début d'été, beaucoup de plantes poussent. En automne, glands et samares tombent.
- Bordures de pâturage. Les chevaux mangent souvent par-dessus la clôture. Haie toxique dans un jardin voisin est aussi dangereuse.
Pratique suisse
L'OSAV et la pratique équestre suisse ont des standards de prévention.
- Foin de fournisseur de confiance réduit le risque de séneçon en foin. Source inconnue : examiner.
- Contrôle annuel du pâturage avec la propriétaire avant la saison, élimination avec racine.
- Foin suffisant sur pâturages maigres. Les chevaux mangent les plantes toxiques surtout par manque d'autre nourriture.
- Jeunes chevaux ou chevaux malades sur pâturages particulièrement contrôlés.
- Doute : agir. Mieux appeler la vétérinaire une fois de trop qu'une fois trop tard.
Questions fréquentes
Plantes toxiques les plus fréquentes en Suisse ? Séneçon jacobée, samares d'érable sycomore, if, glands de chêne, robinier.
Que faire en cas de découverte ? Sortir le cheval immédiatement, informer propriétaire et vétérinaire, identifier, éliminer.
Quels symptômes ? Apathie, anorexie, salivation, signes de colique, troubles moteurs, tremblements, muqueuses jaunes, détresse respiratoire.
Comment empêcher l'ingestion ? Contrôle régulier, élimination avec racine, foin suffisant, vigilance près des haies.
Législation suisse ? L'OPAn exige détention conforme. Détenteur responsable du contrôle du pâturage.
Sources et informations complémentaires
- Détention de chevaux (OSAV)
- Ordonnance sur la protection des animaux (Fedlex)
- Association SVPM
- Société des Vétérinaires Suisses (SVS)
- Tox Info Suisse
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Mis à jour : juin 2026